«Les musulmans doivent pouvoir mourir en paix, dans la dignité ! » L'appel est lancé par Azzedine Gacci.
Le président du conseil régional du culte musulman (CRCM) Rhône-Alpes vient de publier une étude très détaillée sur les « carrés » musulmans dans le Rhône
(*), ces emplacements que la loi permet de réserver, dans les cimetières, aux familles des défunts se réclamant de cette religion.
Ce travail, réalisé « en lien avec la préfecture » entre 2006 et 2007, pointe un déficit important : environ 300 places disponibles,
pour une estimation de 300 000 personnes de confession musulmane installées dans le département. « C'est notoirement insuffisant alors que les demandes [
pour être inhumé sur le
sol français] augmentent » affirme Azzedine Gacci. Le dernier « carré » à avoir été ouvert est celui de Vaulx-en-Velin. Il s'ajoute à ceux de Lyon 7e, Villeurbanne, Meyzieu, Gleizé et Givors ainsi qu'aux espaces dédiés dans les cimetières intercom-munautaires de Bron et Rillieux-la-Pape, où peuvent
être enterrés tous les résidents du Grand Lyon.
« Cette dernière solution doit
être encouragée parce qu'elle est la plus simple » insiste Azzedine Gacci, qui a prévu d'envoyer, après les municipales, un courrier aux maires
pour les inciter à « faire des efforts » supplémentaires. Des contacts avaient déjà été pris avec les mairies de Belleville, Oullins et Saint-Priest, alors que l'aménagement d'un « carré » est « pratiquement acquis à Vénissieux ».
Actuellement, 80 % des familles choisissent le rapatriement du corps du défunt - une solution parfois très coûteuse -, contre 20 % l'inhumation sur place. « Cette proportion est en train de s'inverser » observe le président du CRCM.
Même si elles conservent un lien affectif fort avec le pays d'origine de leurs parents, les dernières générations sont nées et ont grandi en France, où elles souhaiteront vraisemblablement pouvoir disposer d'une sépulture, à condition de bénéficier de certaines garanties : « La crémation est radicalement interdite chez les musulmans » rappelle Azzedine Gacci. Conscient de l'impossibilité de réclamer des concessions à perpétuité, en raison du « manque d'espace », le CRCM a proposé à la mairie de Lyon la construction de reliquaires
pour pouvoir y entreposer, « au bout de vingt-cinq ou trente ans », les ossements des disparus.
Nicolas Ballet - nballet@leprogres.fr > NOTE
(*) Consultable sur internet à l'adresse www.crcm-ra.org. L'enquête du CRCM Rhône-Alpes se poursuit : un état des lieux est en cours dans les autres départements de la région.Le CRCM de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur devrait lui aussi rédiger sa propre étude