
« Il est important que tous les citoyens stéphanois, quelle
que soit leur confession, puissent disposer d'un lieu de culte dans le respect de la loi de 1905, à savoir celui de la laïcité. »
Pour Rachid Messad, conseiller municipal, la promesse de campagne de Maurice Vincent de contribuer à la construction d'une salle de prière à Montreynaud a été tenue. Et, pour l'élu référent du quartier, ce n'est que justice, tant l'attente était forte au sommet de la colline.
Afin de mener à bien ce projet, un protocole a été signé entre la Ville, le CRCM (Conseil régional du culte musulman) et l'Association cultuelle des musulmans de Montreynaud.
« Dans un premier temps, nous avons rencontré les membres de l'association qui a d'ailleurs modifié ses statuts pour les mettre en conformité avec les principes et les obligations définis par le protocole », précise Rachid Messad.
Par la suite, il a fallu choisir son lieu d'implantation. Le terrain de 1 500 m2, qui appartient à la ville et sur lequel se trouvaient des pistes de roller aujourd'hui démolies, est situé près de l'église, en haut du quartier. Une valeur symbolique qui a compté. Son prix, conforme à celui établi par les Domaines, est de 45 000 euros.
À l'association cultuelle des musulmans de Montreynaud, à présent, de collecter via une souscription, l'argent nécessaire à la construction de l'édifice (voir par ailleurs). Seule exigence de la Ville : que cet argent ne provienne pas de l'étranger.
Abdelwahab Bakli, délégué départemental du CRCM, souligne l'effort pédagogique qui a été mené à Montreynaud auprès des habitants (musulmans ou non) pour que cette future construction soit acceptée et comprise.
« Les citoyens musulmans attendaient cette décision avec impatience. Par ailleurs, nous avons veillé à ce que la salle de prière entre dans le paysage urbain souhaité par la Ville.
Concernant son financement, qui sera fait dans la plus grande transparence, les fidèles de Saint-Étienne et de la Loire devraient répondre en masse à la souscription tant l'attente de cette salle de prière est grande », précise-t-il en soulignant le retard conséquent que la France a accumulé en matière de constructions vouées au culte, même si de nombreux lieux ont été restaurés.
« Il existe un peu moins de 2 000 lieux de culte pour 6 millions de musulmans (1). En Allemagne, alors que le nombre de musulmans est de 3 millions, il y a 3 000 salles de prière. »
Denis Bret
dbret@leprogres.fr
> NOTE
(1) À Saint-Étienne, en plus de la Grande mosquée, dix salles de prières officielles sont répertoriées : à Bellevue, au Clapier, à Tardy, à La Cotonne, à Beaubrun, rue de la Paix, dans le quartier des Hauts-de-Jacquard, au Soleil, à Montreynaud et à Montchovet.
« Dans l'esprit, nous voulons un lieu de culte de proximité »
M'hamed Lkasmi farouche partisan du vivre ensemble
Montreynaud. Cette structure, une association loi 1905, est le maître d'ouvrage de la future salle de prière.
Avez-vous une date pour le début des travaux ?
Non pas encore. La vente sera effective dans deux mois. Nous avons déjà un architecte, Ibn Abdelkrim Kamal, spécialiste des lieux cultuels. En plus de la Grande mosquée de Saint-Étienne, il est le concepteur, notamment, de la salle de prière de Givors et de celle de Lyon.
Quel sera son coût ?
Nous pensons qu'il sera d'environ un million d'euros. Pour collecter cette somme, nous allons lancer une souscription auprès des fidèles du quartier mais aussi de la région Rhône-Alpes.
Comment envisagez-vous ce lieu du point de vue architectural ?
On ne cherche pas un lieu architectural remarquable mais plutôt un endroit où les croyants puissent exercer leur culte dignement. Le bâtiment sera simple et fonctionnel et respectera toutes les règles de l'urbanisme. Jusqu'à présent, les musulmans du quartier priaient dans deux appartements, ces lieux n'étaient vraiment pas adaptés. Cette nouvelle salle va répondre à leur attente.
De quelle façon va s'inscrire ce lieu de culte au sein du quartier ?
Le visage de Montreynaud change. Nous allons avoir un centre commercial, nous avons une mairie et une poste de proximité. Dans l'esprit, on veut un lieu de culte de proximité.
Ce qui me tient à cœur, c'est de concrétiser le vivre ensemble dans le quartier. Le fait que la salle de prière soit à côté de l'église est un élément très important. Au niveau symbolique, c'est une bonne chose.
L'Islam est souvent décrié, nous souhaitons donner, à travers ce lieu de culte, la vraie image de l'Islam.
Propos recueillis