Tags racistes sur la mosquée : quatre hommes en garde à vue.
leprogres du 02 03 2010
Quatre personnes sont en garde à vue depuis ce soir. Ces jeunes gens sont soupçonnés d'être impliqués dans l'affaire des inscriptions racistes sur la mosquée de Saint-Etienne.
L'enquête sur les inscriptions racistes sur la mosquée de Saint-Etienne a connu une évolution significative ce lundi. Quatre personnes ont été interpellées aujourd'hui suite aux tags découverts le 8 février sur le lieu de culte musulman stéphanois.
Selon nos informations, il s’agit de quatre jeunes majeurs, élèves dans un lycée professionnel stéphanois, qui ont été interpellés en deux temps par les services de police.
Les lycéens, qui appartiendraient à la mouvance d’extrême droite, auraient reconnu les faits. Ils ont été placés en garde à vue ce soir.
Important : Vous voulez signaler un acte islamophobe, contacter la comission "Islamophobie" du CRCM Rhône Alpes.
Pour plus d'informations, voir le lien suivant :
http://www.crcm-ra.org/islamophobie.php
Pour le procureur de la République, l'acte des suspects interpellés relève plus de la bêtise que de l'idéologie d'extrême-droite. Trois lycéens devraient être présentés au parquet aujourd'hui
« Sincèrement, je ne pensais pas qu'on parviendrait à élucider l'enquête aussi vite ». Ce policier de la Sûreté départementale ne cache pas sa satisfaction d'avoir résolu cette affaire ô combien sensible. Car on se souvient des remous occasionnés, le 8 février , par la découverte des inscriptions racistes et anti-musulmanes sur la grande mosquée de Saint-Etienne. Cet acte était condamné par toutes les communautés mais prenait un caractère particulier à un mois des élections.
Fallait-il pour autant y voir un acte politique ? Manifestement non. Car les quatre jeunes gens interpellés lundi, tout juste majeurs, n'appartiennent à aucune organisation d'extrême-droite, même s'ils en partagent certaines idées. L'un a été d'ailleurs rapidement mis hors de cause et remis en liberté. Les trois autres, qui devraient être présentés au parquet aujourd'hui, étaient jusqu'alors inconnus des services de police.
Il s'agit de trois lycéens scolarisés au lycée professionnel Benoît-Fourneyron à Saint-Etienne. Deux d'entre eux ne sont pas de la région. Ce qui explique que les policiers ont attendu la fin des vacances scolaires pour les interpeller. Cela a pu être fait lundi aux abords du lycée, alors qu'ils allaient reprendre leurs cours.
« Leurs motivations ne sont pas très claires » déclare le procureur de la République, Jacques Pin. « Ils se disent en révolte contre la société. Mais il s'agit plus d'une bêtise dont ils n'avaient pas prévu les graves conséquences ». On sait toutefois que des vêtements militaires et des tracts d'extrême-droite ont été retrouvés chez certains. Pour remonter jusqu'à eux, les enquêteurs du groupe aux atteintes spécifique et aux violences urbaines ont utilisé les ficelles habituelles du métier (recueil de témoignages et prélèvements d'indices par la police technique et scientifique).
Mais ils ont aussi, et c'est nouveau, scruté attentivement internet. Car dans les jours qui ont suivi les faits, les commentaires étaient nombreux sur les forums de discussion. C'est ainsi qu'ils ont repéré des internautes un peu trop satisfaits de ces inscriptions racistes.
« La police a fait un travail remarquable » souligne le procureur, pas mécontent que l'enquête soit bouclée en moins d'un mois. Car en haut lieu, on suivait l'affaire de près, aussi bien du côté du ministère de l'Intérieur que de celui de la Justice. Le procureur espère maintenant faire juger les trois jeunes gens rapidement, « dans le mois si possible ».
Jean-Hugues AllardImportant : Vous voulez signaler un acte islamophobe, contacter la comission "Islamophobie" du CRCM Rhône Alpes.
Pour plus d'informations, voir le lien suivant :
http://www.crcm-ra.org/islamophobie.php